Duteurtre.com  
Romans
+ A nous deux Paris
+ A propos des vaches
- Chemins de fer
+ Drôle de temps
+ Gaieté parisienne
+ L'Ordinateur du Paradis
+ L'été 76
+ La Cité heureuse
+ La Rebelle
+ La nostalgie des buffets de gare
+ La petite fille et la cigarette
+ Le retour du Général
+ Le voyage en France
+ Les malentendus
+ Les pieds dans l'eau
+ Livre pour adultes
+ Service Clientèle
+ Tout doit disparaître

 


Essais
+ Ballets Roses
+ L'Opérette en France
+ Polémiques
+ Pourquoi je préfère rester chez moi
+ Requiem pour une avant-garde

 


Nouvelles, extraits
+ Extraits en anglais

 


Couvertures des livres
Essais Romans

 


Presse internationale
+ Belgique
+ Canada
+ Espagne
+ GB/USA
+ Italie

 


Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
334 Abonnés

Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne


Chemins de fer - Le Figaro

Quand la vie déraille
SÉBASTIEN LAPAQUE.
28 septembre 2006


Où la directrice d'une agence de « com » découvre la tyrannie du « moderne », rien qu'en prenant le train.

« PEUT-ÊTRE le bonheur n'est-il que dans les gares », scandait Charles Cros, un avant-hier oublié. Longtemps après que le poète a disparu, les usagers ont été remplacés par des clients, les guichets par des bornes électroniques, les brasseries par des distributeurs de friandises. Les tickets de quai ont disparu et le bonheur avec eux. On pourrait en pleurer. Benoît Duteurtre préfère en rire dans une fable d'époque qui met en scène la directrice d'une agence de communication terrifiée par la modernisation de la SNCF. « Assez bonne nageuse dans le bassin de la vie mondaine », adaptée aux rugueuses nécessités économiques de son époque, Florence découvre avec effroi la modification des moeurs induite par la catastrophe sociale en cours à l'occasion de liaisons ferroviaires entre Paris et sa maison de montagne.

Façon de Virgile rieur aux Bucoliques abolies, Benoît Duteurtre imagine avec malice la rencontre entre cette citadine lassée par la modernité et des ruraux assoiffés de progrès. Progressiste à la ville, son héroïne se découvre réactionnaire aux champs, s'acharnant à concilier les contraires à l'occasion de ses voyages en train. Hélas, c'est en voiture que les choses sont parfois les pires, et le discours commercial des contrôleurs relookés n'y change rien.

La communicante chargée d'imaginer les slogans publicitaires qui accompagnent toutes les liquidations se prend à regretter la transformation du service public en ­entreprise à fort taux de croissance. Déroulant ses effets au fil d'un journal intime, l'apologue est joliment troussé, quoique un peu démonstratif. Benoît Duteurtre, qui a déjà inscrit les embouteillages et les téléphones portables à son tableau de chasse, sait pourtant qu'il faut mieux montrer que décrire pour réussir à faire rire. Il faut croire que notre ­Molière était un peu las de ferrailler contre la bêtise. N'importe. Il continue d'apporter au roman français la légèreté, la fraîcheur et l'esprit critique qui lui font défaut, alternant grands effets et petites pièces d'époque jouées sur le mode mineur.



Date de création : 28/09/2006 @ 23:48
Dernière modification : 28/09/2006 @ 23:48
Catégorie : Chemins de fer
Page lue 3488 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page


Vu par
Vu par

 


Benoît Duteurtre
Biographie Portraits

 


A écouter
A écouter

 


Etonnez-moi Benoît
France Musiques - Ecoutez les dernières émissions

 


Recherche





Ecrivez à Benoît Duteurtre

Photos


^ Haut ^

GuppY - http://www.freeguppy.org/    Site créé avec GuppY v4.5.17 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Document généré en 0.22 seconde